Pour pouvoir répondre à cette très pertinente question, je me dois d'abord d'en poser une autre, le point de départ à toute cette histoire (et puis de cette façon, vous voyez le ton) :

"Une œuvre peut-elle nous remuer au point de nous forcer à revoir pas mal de choses ?"

Dans mon cas, oui.

Je n'ai cependant pas été transcendée par la grâce dans l'instant (mais voilà comment je m'imagine quand même). Le déclic a été plus lent que ça. Il aura fallu une lecture, une relecture, puis une vraie dissection d'un roman intrigant (auquel je consacrerai bien entendu un article) pour que ça commence à me perturber. À force d’en observer les couches, ce n’est pas juste ce livre que j’ai fini par regarder autrement. C’est aussi ma propre écriture, mon propre fonctionnement.

En 2025, j’ai lu plus que de raison (mauvaise formulation, la lecture est un signe de raison). Des romans à foison, des essais, des thèses, des mémoires, des articles… (et même des avis et des commentaires !) Des découvertes pour certaines, des relectures pour d’autres. J’ai aussi écouté beaucoup de musique, maté des films, des séries, des vidéos d’analyse, contemplé des œuvres d’art, repris des notes, ouvert des pistes, relié des choses qui, de prime abord, n’avaient rien à faire ensemble.

Et, grâce à cette "pause" bénéfique, j’ai redécouvert mes goûts. Les vrais. Ceux qui m'animent en secret.

Le noir, la manipulation, le sexe (bon, ça, c'est pas un secret), les croyances, les idéologies, la vengeance, les déviances, les personnages ambigus, les œuvres qui ne rentrent pas dans une case bien définie (c'est nul, les cases).

J’ai donc fini par admettre que ce que j’écrivais jusque-là ne correspondait plus tout à fait à ce que j’avais envie de créer ensuite.

Pendant sept ans, j’ai écrit sous le nom de plume de Petit Corbeau, dans un cadre qui m’a permis de me lancer : la romance érotique. Ce genre littéraire m’a offert une porte d’entrée pour passer de l'écriture à la publication (coucou Les éditions Explicites !). Elle m’a aussi donné des codes, des attentes, une promesse de happy end que j’ai toujours respectée, par affection pour mes personnages, par fidélité au genre, ou encore parce que j’en avais besoin.

Mais quelque chose a fini par coincer. Avec un long blocage créatif à la clé.

J'ai beaucoup réfléchi et...

Je ne renie pas ce que j'ai construit avec Petit Corbeau, ni l'érotisme. Le sexe reste pour moi un élément déterminant dans les relations humaines. Un moment de partage, de désinhibition, de lâcher-prise, mais aussi de manipulation, de domination ou de pouvoir (en gros, ce n’est jamais “juste du sexe”, c'est une communication charnelle).

En revanche, je ne veux plus que l’amour soit automatiquement le centre du récit. Je ne veux plus que la fin heureuse soit décidée avant même que l’histoire ait commencé, ni écrire des personnages en sachant déjà qu’ils devront être sauvés, réparés, réconciliés, remis d’aplomb avant le mot fin. Les gens ne se réparent pas toujours, non... Parfois, ils s’enfoncent, ils choisissent mal. Parfois, ils savent très bien ce qu’ils font, et c’est encore pire (ou meilleur, question de point de vue).

De plus, Petit Corbeau étant intimement liée aux éditions Explicites, où règne une love vibe plutôt positive, il me fallait un autre nom pour prendre mon envol toute seule. 

C’est là qu’entre en scène Mellori Corvus.

Pour l'anecdote, il s'agit du nom scientifique du petit corbeau, une véritable espèce de corvidé australienne, le Corvus mellori. J’ai inversé les deux termes et voilà !

Cette décision actée avec moi-même, j’ai alors repris l'ensemble des pitchs qui s’accumulaient dans un fichier de mon ordi (dix-huit manuscrits en cours, nom de nom !) et j'ai fait le tri. Plusieurs histoires en sont ressorties. Des histoires différentes, mais traversées par des thèmes qui s'entremêlent, se répondent (j'ai de quoi faire pendant quelques années...)

Et ça ne s'arrête pas ici car...

Qui dit nouvelles histoires dit aussi nouvelles recherches !

Les recherches pour un roman est le moment que je préfère dans le processus créatif, toutefois, elles m'amènent un tas de questions qui tournent en boucle dans ma petite tête de manière obsessionnelle. Et comme un roman ne peut pas contenir tous les cheminements de pensée et les trésors de quête, j'ai eu envie d'un espace pour poser tout ça.

La partie blog sert à penser "tout haut", écrire, analyser, relier. J’y rassemble les sujets de mes livres publiés (ou pas encore publiés), le fruit de mes recherches, mes pérégrinations mentales et tout ce qui anime mon imaginaire (et ma curiosité).

Il s'articule autour de plusieurs types d’articles :

D’abord, des textes longs, plus historiques, artistiques ou sociétaux, en lien direct avec les thématiques de mes (futurs) romans. Il pourra y être question d’histoire de l’art, de religion, de représentation du corps, de féminisme, de mythes, d’artistes, de marché de l’art, de croyances collectives, de vengeance ou de violence symbolique.

Ensuite, des analyses autour de la culture et de la pop culture qui accompagne mon imaginaire au quotidien : littérature, séries, films, musique, BD, figures publiques, œuvres cultes ou plus confidentielles.

Enfin, une section plus libre : Vendredi ou l’avis sauvage. Oui, j’ai osé (t'as la ref ?). Et oui, ce sera le vendredi. Pas tous les vendredis non plus, parce que je me connais. Cet espace-là est ma soupape de décompression sans censure.

En bonus, une rubrique intitulée Dans ma chambre (en réalité dans mon bureau, mais ça fait moins Depeche Mode), pièce de détente et de prise de tête, mon cabinet de curiosités personnel, mon antre que je dévoile en images, commentées ou non. 

Pour clôturer cette présentation, sachez que vous pouvez également suivre ici mon travail graphique (Petit Corbeau - Book Designer), consulter ou acheter mes romans papier parus via ma boutique.

En résumé, l'idée de ce site est née du désir de tout recentrer au même endroit (parce que, in fine, tout est lié, mais aussi parce que je me disperse déjà assez comme ça, voyez-vous).

Sur ce, je vous souhaite la bienvenue dans mon espace (ré)créatif.

Julie,

Mellori Corvus,

Petit Corbeau.

Qui sommes-nous ?